Je suis nez sur le tard

 Bien que mon enveloppe physique soit née prématurément (rien de dramatique, juste de quelques semaines, histoire que la mise à l'air soit moins brutale), je suis nez sur le tard.

42 ans plus tard, enfin, 42,6 ans plus tard précisément.

A l'âge de 0,6 ans, je débarquais physiquement parmi nous, un jour de neige, un doux jour novembrien. Extrait de naissance en poche et quelques années plus tard, me voilà remonter à la surface comme un noyé mal accroché à son parpaing d'isolement social. Découverte du monde, après 42,6 ans de gestation dans mon propre corps, une (re)naissance des cendres d'un foyer resté sage et protecteur durant ces longues années.




Bah oui, la boussole est cassée, miss gravité en a perdu les pédales, c'est surement ça qui m'a permis de mettre la tête hors de l'eau et de nager avec vous aujourd'hui dans ce bain vivant. La couturière des êtres y est aussi pour beaucoup (merci à toi).



Quant à moi, ça va, ça se passe plutôt bien. La "colloc" est tranquille, le patron est cool et il me donne à manger à ma faim. Faut dire qu'il a compris les ingrédients dont j'avais besoin pour arriver à ses fins. Un copieux repas : De belles rêveries dorées en hors d'oeuvre, suivi d'un bon plat de fines tagliatelles de pensées recouvertes de frais sentiments ciselés et pour finir une tarte aux fruidées meringuées de pensées; arrosé d'un délicat breuvage d'été et le tour est joué. Et puis des fois, il me donne le droit de m'exprimer en public, derrière son nez rond (il se cache pour qu'on me reconnaisse).



C'est sympa ces excursions dans le monde réel, je rencontre des gens cool et on improvise ensemble. Une petite salle, avec un tapis de yoga gigantesque (ils ont du le piquer à Gargantua tellement il est énorme). Les rideaux sont un peu noir, en plus ils en ont mis au milieu de la salle pour pas qu'on puisse se voir (genre on peut pas se voir à travers vos rideaux). C'est mal nous connaitre que de croire qu'on se voit par ces yeux là ;-)

Quand on se rencontre, entre nous, c'est magique, ça bosse à fond. D'abord on fait les mouches, en se collant et en dégoulinant sur le tapis de Gargantua. Il est magique ce tapis, il aspire toutes les impuretés qui nous ont polluées depuis le dernier set, c'est un immense trou noir pour mauvaises idées-pensées.  Ensuite on se connectent à l'ouie, à l'oeil et à la voix (voie?) de la salle, histoire d'être tous synchrones et d'accorder nos instruments à l'orchestre tribal du jour.

Une tribu, oui je crois que c'est ça, une tribu dont les membres, plus ou moins éphémères, plus ou moins adeptes de l' absence chronique, comme moi, se retrouvent pour partager le moment présent offert par Pachamama.

Je suis nez sur le tard, mais désormais, bien éveillé. N'ayez crainte, mon nez bien né est bien entouré et il grandit neztement plus vite, maintenant qu'il vous connez. C'était une super annez, profitez bien de l'été sans trop vous cognez .

Au plaisir de vous retrouver, mais! je vois que déjà, vous vous dandinez  ;-)

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